Campagne de protection des batraciens

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Précurseur dans le domaine de la préservation de la biodiversité, la CeA poursuit ce printemps, avec l’aide de ses partenaires, la campagne de protection des batraciens mise en place depuis plus de 30 ans dans les deux Départements alsaciens. 

L’Alsace abrite un très grand nombre d’espèces d’amphibiens (une quinzaine d’espèces) ce qui en fait l’un des territoires les plus riches de France. Toutes ces espèces sont protégées. Du nord au sud de l’Alsace sont installés, sur 69 sites différents, des dispositifs temporaires pour empêcher les batraciens de traverser les routes pendant la période de ponte.

Pour ce faire, il y a deux techniques :

  • la plus utilisée : des filets qui canalisent les animaux vers des seaux enterrés où les batraciens tombent puis sont ramassés à la main pour être portés dans les plans d’eau pour la ponte
  • des dispositifs permanents installés, les "crapauducs", permettant aux amphibiens de passer sous les routes par des passages "busés" ou des tunnels

Habituellement, les migrations des batraciens commencent, en plaine, fin février, pour s’achever vers le début du mois d’avril. Sur l’ensemble des sites, des arrêtés temporaires de limitation de vitesse sont pris. Les automobilistes sont invités à ralentir à l'approche des sites de protection signalés par des panneaux. Sans dispositif, la mortalité des batraciens traversant les routes serait de l’ordre de 90 %. On mesure ainsi l’utilité des campagnes de protection hivernale pour la survie des espèces. Si la protection d’espèces protégées est le premier objectif, il faut aussi souligner l’utilité du dispositif en matière de sécurité routière (routes rendues glissantes, comportement d’évitement des batraciens).

En 2020, ce sont près de 100 000 animaux qui ont été transportés et des dizaines de milliers d'autres sauvés grâce aux bénévoles, à la Brigade Verte, à la Ligue de Protection des Oiseaux, à l’association "Les Piverts" et à l’intervention des agents des routes.

Alsace & biodiversité

Aujourd’hui un grand nombre de Départements ont emboîté le pas de la CeA et gèrent ou financent des dispositifs de même type même s’ils restent moins développés.

La CeA gère l’un des dispositifs les plus importants, notamment en nombre d’animaux sauvés. Ceci est rendu possible par un engagement conjoint des services, chacun dans son domaine de compétence et une organisation coordonnée.

Cette opération importante et récurrente est aussi réalisée avec un minimum de financement (lequel est limité au renouvellement des filets et autres équipements) grâce à la mobilisation bénévole qui est constante et même en développement depuis 30 ans.

Les jalons historiques

  • 1983: installation du 1er Crapauduc de France au lac de Kruth-Wildenstein. Ce projet était porté par Pierre Egler, alors 1er Vice-Président du Conseil Général
  • 1989: identification des principaux sites de migration des Crapauds communs le long des routes
  • 1990: 1ère campagne de sauvetage des batraciens, coordonnée par les services du Département Haut-Rhinois
  • 1994 : installation du 2ème Crapauduc au plan d’eau de Reiningue.
  • 2012 : évaluation d’ensemble de l’efficacité des dispositifs par l’association BUFO

Quelques chiffres

  • 69 sites équipés annuellement permettent de sauver environ 100 000 batraciens/an.
  • Près de 250 bénévoles investis chaque année, d’innombrables heures effectuées par des partenaires très impliqués : les Brigades vertes, la LPO, BUFO, Les Piverts